© Sara Sampelayo

Anne Thuot a choisi comme point de départ à son travail, son corps. C’est son objet d’étude.

Elle le considère comme un tout, sans séparation.

Elle dit: « mon corps pense puisqu’il éprouve ». 

Elle cherche à expérimenter ce qui l’entoure avec plus d’intensité et d’immédiateté; à se confronter à des territoires où à priori, sa peau blanche, ses yeux bleus, son sexe de femme ne sont pas monnaie courante. Elle se met là où on lui dit qu’il n’y a pas de place pour elle.

Jouant avec la posture d’anthropologue, Anne Thuot décortique les habitudes et rapports sociaux qui se tissent au sein d’un périmètre géographique précis (une rue, un pont, une école etc). Elle s’intéresse tout particulièrement aux mécanismes qui créent la peur et l’ancrent au plus profond de l’être humain. Elle se met en jeu dans des situations «de rencontres», questionne le fait d’être différent, le rapport à l’autre, pour tenter de débloquer certaines relations et comprendre les enjeux politiques qui affectent le monde aujourd’hui. 

Son parcours de chercheuse ne serait pas complet, si elle ne s’intéressait pas à la notion de représentation: comment peut-elle retranscrire ses déambulations? Comment les partager d’une manière accessible et ludique? Quelle place laisser à la fiction? Il s’agit donc pour Anne Thuot de questionner la forme, le « beau », son rapport au « sublime » hérité de sa culture occidentale, et ces images de douleur qui l’inondent quotidiennement.

Ces immersions ou investigations sont restituées par le biais de lectures-performances. Anne Thuot les mène seule ou avec ses collaborateurs. Elle crée des formes légères auxquelles peuvent s’ajouter des rencontres, workshop où elle invite les spectateurs à expérimenter ses divers processus de recherche.

Anne Thuot est metteure en scène et performeuse depuis plusieurs années à Bruxelles. 

Elle a travaillé avec des compagnies francophones et flamandes comme Dito’Dito, Transquinquennal, Bronks, fABULEUS et les chorégraphes Hans Van den Broeck et Jérôme Bel.